• PUZLE


    A priori, quand on entend ce nom pour la première fois, on pense intuitivement au pseudo d'un gogo dancer qui se trémousse à une soirée mousse aux Bains Douches ou à celui d'un DJ house louche made in French Touch'. Ne vous fiez pas aux apparences, ce nom est en réalité celui d'un des musiciens africains les plus influents des années 60 et 70.


    Né le 10 février 1938 à Freetown (Sierra Leone), Geraldo Pino (de son vrai nom Geraldo Pine) est un fils d'avocat installé au Nigéria. Il se révolte très vite contre son milieu social d'origine et devient l'un des premiers musiciens africains à jouer de la soul et de la funk. Grand admirateur de James Brown, il est considéré comme le pionnier de l'afrobeat par Fela lui-même mais est resté à jamais dans l'ombre du "Black President".

    Pour bien comprendre l'aura du grand Geraldo à l'époque, voici deux savoureux extraits de la biographie de Fela écrite par Carlos Moore (This bitch of life, Pendulum Press, 1982) :

    Il est venu dans ma ville avec la musique de James Brown, chantant «  Hey, hey, I feel all right, ta, ta, ta, ta… » Et avec un tel équipement que je n’avais jamais vu,…. Cet homme découpait Lagos en morceaux. Woooooooh. Il avait tout le Nigeria dans sa poche. Je suis tombé directement sur le cul. Ahhhhh, ce type de la Sierra Leone était trop…. Geraldo Pino je ne l'oublierai pas. J'avais jamais entendu cette musique auparavant - Seulement quand je suis allé au Ghana peu de temps après cela j’entends de la musique Soul de nouveau, merde! Encore cet homme….

    Je jouais du highlife jazz quand Geraldo Pino a débarqué en amenant avec lui la soul. (…) Ce mec menait la grande vie, il roulait en Pontiac décapotable, ça brillait de partout, il avait plein de fric et tout le matos dernier cri, il faisait son truc, il avait tout ce que je n'avais pas. A Lagos il a mis tout le monde dans sa poche. Je n'avais plus qu'une envie : me chercher, disparaître ; quitter la ville et partir le plus loin possible, en Amérique ; trouver ma voie. J'ai compris que je ne pourrais pas y arriver tant que ce type était là, même chez moi au Nigeria. Puis en 1967, il est reparti au Ghana : ouf !


    Le grand Fela, himself, complètement complexé...! ça y est? Vous saisissez l'importance du bonhomme? Un mentor, un véritable mythe.

    D'ailleurs, en 1962, lorsque la télévision est introduite en Sierra Leone, Pino est si populaire qu'il obtient sa propre émission. Cette même année, il enregistre son premier titre, le cultissime "Power to the people".
    En 1963, il enregistre son premier disque avec les Heartbeats sur son propre label (Pino Records). En 1964, il se rend deux ans à Monrovia (Libéria) où il découvre les disques des grands artistes soul de l'époque, Wilson Pickett, Aretha Franklin, Otis Redding... Entre 65 et 67, le groupe de Pino sillonne l'afrique de l'ouest et popularise ainsi ce mélange si particulier de musiques africaines et de musiques nord américaines.
    A la fin des années 60, les Heartbeats se séparent. Pino engage alors un groupe de musiciens ghanéens : Plastic Jims. C'est avec ce groupe, rebaptisé entre temps Heart Beats 72, que Pino enregistre le live Afro Soco Soul en 1972. Deux ans plus tard, il enregistre Let's have a party en collaboration avec l'incontournable producteur nigérian de l'époque, Odion Irioje.
    A la fin des années 70, il enregistre, en pleine ère disco, son dernier album  nommé Boogie Fever.
    Qu'a fait le Maestro pendant les années 80 et 90? Aucune info sur le sujet...
    Il donne un dernier concert à Londres en mai 2008 en partageant l'affiche avec Seun Kuti & Egypt 80... Petit clin d'oeil du destin...Ultime live avec le fils de celui qui le considérait comme un modèle... Il succombe à un cancer le 10 novembre 2008 au Nigéria dans une indifférence quasi générale.


    Discographie :


    - Afro Soco Soul
    - Let's have a party
    - Boogie Fever (album non réédité à ce jour)


    Vidéo :


    Petit témoignage en anglais de Francis Fuster, batteur des Heartbeats :

    http://www.youtube.com/watch?v=ukuNqm67joo




                                                                                                     THS


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  • Poète et romancier, natif de Trinidad, Anthony Joseph s'est imposé depuis quelques années sur la scène londonienne. Il scande et déclame ses propres textes avec une verve inspirée, sur fond de jazz funk hypnotique et d'afro-beat endiablé joué par le "Spasm band" qui l'accompagne.
    Pour la "fine" équipe de Remontées Acides, ça a été le concert de l'année 2009 ! Du groove à gogo pendant plus d'une heure...Alors n'hésitez pas un instant, allez le voir s'il passe près de chez vous!

    Albums :


    - Anthony Joseph "The African Origins of UFOs" (2006)
    - Anthony Joseph & The Spasm Band "Bird Head Son" (2008)


    Quelques petites vidéos live histoire de vous faire une idée :


    http://www.dailymotion.com/video/x87o1q_anthony-joseph-spasm-band-live-stud_music

    http://www.dailymotion.com/video/xaw5im_anthony-joseph-the-spasm-band-la-ma_music

    http://www.dailymotion.com/video/x7r7hx_anthony-joseph-and-the-spasm-band_music

    http://www.youtube.com/watch?v=vhgHEY6TFow

    Et un petit documentaire en anglais de 30 minutes pour ceux qui veulent mieux découvrir le bonhomme :

    http://www.dailymotion.com/video/x8uuhb_anthony-joseph-and-the-spasm-band-e_music


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  • Dans ce milieu hip-hop où la corruption des esprits est devenue la règle, Casey n'a cessé d'enfoncer le clou depuis 15 ans...

    Son deuxième album "Libérez la bête" doit sortir le 8 mars 2010 !!! C'est l'album de rap à acheter absolument cette année !

    Deux extraits sont déjà disponibles! 2 grosses tueries !

    Clip "Apprends à t'taire" :

    http://www.dailymotion.com/video/xapxe3_clip-casey-apprends-a-t-taire_music

    deuxième extrait "La créature ratée" :

    http://www.rap1pulsif.com/mp3.5893.casey.la.creature.ratee.html


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  • Pour vous réchauffer pendant la longue période hivernale, y'a pas à tortiller, c'est le bouquin idéal !

    Lloyd Bradley, Bass Culture, Quand le reggae était roi, éditions Allia, 2008 (23 euros)

    Sans nul doute possible, l'ouvrage le plus complet sur le reggae et ses origines! 600 pages d'histoire avec à l'appui les témoignages de Prince Buster, Lee Scratch Perry, Peter Tosh, Horace Andy...
    Cette anthologie est parue pour la première fois en 2005 mais n'a été traduit en français qu'en 2008, ça valait le coup d'être patient !


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    En lisant un article de Simon Piel dans le numéro 1 papier de Bakchich hebdo*, où il met en avant la pression qu'exerce les grosses productions hollywoodiennes (Columbia, Sony, Warner...) sur les critiques et la presse ciné en général, il m'est revenu une petite anecdote de mon expérience personnelle, et une phrase, surtout...que je vais modestement vous remettre dans son contexte...

    Je ne vais pas vous expliquer le pourquoi de la situation, mais toujours est-il que... Bambin plein de foutre et d'hormones que j'étais (les cheveux au vent), vers 16 ans environ, j'affûtais ma plume dans la rubrique musicale du Libé de chez moi (oui, je sais...). Et donc, chaque semaine, j'allais chercher des cds et ramenait les chroniques de ceux que j'avais pris auparavant. Et s'il y a bien déjà quelque chose qui, à l'époque, m'a sauté aux yeux, c'est la différence de soins pris à « emballer » les disques qu'on recevait. Je m'explique: d'un côté, il y avait les boites de prod qui envoyaient leurs opus sortis de nulle part, sans aucune info (dans le genre, je me souviens de Raymonde et les Blanc-Becs et des Yo Pizza Jump! -des Boucheries Prods, si j'écris pas de connerie-. Faut être connaisseur et avoir plus de 25 ans pour les remettre!). Et puis, de l'autre, il y avait le colis où le skeud était la dernière chose que tu découvrais après le press-book, l'album photo, l'historique du groupe et même les critiques -bonnes, bien sûr- de l'album que je n'avais pas encore tenu entre mes mains! Et, si je suis la logique, album que je n'aurais pas eu besoin d'écouter pour le chroniquer, tant la soupe était chaude et épaisse, prête à servir... Au contraire, sans faire de finesse, les cds sans aucune information complémentaire, t'es bien obligé de les écouter du début à la fin pour te faire une idée de la zik!

    Et moi, jeune branleur inculte, la morve au nez, je ne faisais pas la distinction entre ces deux cas (qui sont des extrêmes!) et... j'écoutais tous les cds entièrement avant de les critiquer! J'allais vite comprendre l'inconscience de cette prise de position... Je me suis mis -fatalement?- à démonter, voire détruire des grosses sorties cd dans mes articles (je dis ça, mais j'écrivais pas d'insulte, j'étais jeune.)...Jusqu'à ce qu'on me rappelle à l'ordre! D'où phrase remémorée à cause de Bakchick, contexte, tout ça... Vous suivez?!:

    « Là, mon grand (j'étais jeune), va falloir y aller molo... Tu sais pas comment ça se passe, toi, t'es jeune (oui, je l'étais)... Si tu commences à parler comme ça de grands artistes reconnus, les majors vont plus nous envoyer de cd! Plus de cd, plus de mauvaise critique! ». Merde, comme si notre rôle était uniquement de leur faire de la pub!? Mais ça, je lui ai pas dit...j'étais jeune...

    Cette réplique était depuis longtemps enfouie dans les méandres des grandes déceptions de ma vie, qui s'accumulent sous forme de salives amères (heureusement, pour aller mieux, maintenant, j'ai « Remontées Acides »), alors je voulais simplement te dire merci, Simon Piel, de m'avoir fait ressurgir un souvenir aussi désagréable que celui-là! Voilà!

    Et puis, sans dec', Bakchich, faut l'acheter!

     

    * Achetez-le! Abonnez-vous, même, c'est mieux!

     

                                                                                                                      DK


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