• L'état stresse pour ses fesses



    Rappelez-vous le 9 octobre dernier, notre courageux ministre du travail était monté au créneau pour lutter contre les méfaits ocassionnés par le stress sur la santé mentale et physique des salariés. Il voulait obliger les sociétés de plus de 1000 salariés à s’inscrire dans son plan d’urgence de lutte contre le stress. Sa priorité : qu'elles ouvrent des négociations sur le stress ou qu'elles aboutissent à un accord avec les syndicats avant le 1er février 2010. Volonté et fermeté, Darcos nous l'assurait, l'Etat serait sans pitié.


    Qu'avait prévu l'impitoyable Xavier pour les sociétés qui voulaient contourner l'étatique autorité? Une loi? Un décret? Amendes? Sanctions pécuniaires? Point de tout ça, il ne faudrait tout de même pas en rajouter et risquer de les stresser.  Finies les méthodes archaïques et franchouillardes qui s'attaquent au porte-monnaie. Les patrons, Xavier les connait, il faut les inciter.
    Et c'est là qu'il a réellement innové, bien décidé à montrer à tous la voie du succès, sans complaisance, sans copinage, sévèrement burné le Xavier... Son idée : publier une liste des entreprises qui ne respectent pas son calendrier. Il a décidé d'utiliser la technique d'inspiration anglo-saxonne du "name and shame" dans l'espoir que la mauvaise publicité les incite à évoluer. C'est au consommateur de trancher comme le dit souvent Xavier,  il suffit donc d'afficher le nom des mauvais élèves. "La première sanction, c'est la transparence. Nous commencerons par cela", avait alors déclaré Xavier en annonçant la publication de cette liste. Et d'ajouter: "Vu la pression de l'opinion publique sur ces sujets, je crois que la transparence est une très bonne sanction".


    Les fausses promesses et les effets d'annonce c'est pas son genre à Xavier, vous le savez. Les enseignants, par exemple, en ont fait l'expérience, ils ne sont pas prêts de l'oublier. Certaines entreprises voulaient se rebeller, Xavier, pour les mater, a lancé l'assault le 18 février! Pas question de se coucher. Ni une, ni deux, les résultats  sont affichés sur le site du ministère, en fonction d'un seul et unique critère : leur degré d'adhésion au grand plan d'urgence contre le stress. En vert, les bons élèves, en orange les retardataires, et en rouge les réfractaires. Comme promis, sans compromis, une poigne de fer.

    Xavier, était serein, apaisé. Le sentiment du devoir accompli, l'air fier du guerrier qui vient de triompher . Le stress vaincu, balayé. Laissez le temps faire, les négociations s'engager, et le tour était joué. Un pur moment de bonheur... bien vite troublé par les appels des entreprises stigmatisées. Pas content du procédé les PDG. L'état veut faire du chantage? De la mauvaise publicité? Qu'à cela ne tienne, ils feront des procès.

    C'est la mort dans l'âme que Xavier a dû, 24 heures après, renoncer. Les listes orange et rouge ont été retirées pour ne pas froisser les intérêts des grands groupes financiers.
    Et oui, tout révolutionnaire qu'il est, Xavier a dû se rendre à l'évidence, ce ne sont pas les politiques qui gouvernent la France.

    La "transparence"? ça n'est pas une sanction, Xavier en a fait l'expérience. C'est une sentence bien trop lourde et rance,  une véritable offense faite aux intérêts de la finance. 


                                                                                                                   
                                                                                                                       THS


    Petit lien vers la liste rouge publiée puis censurée par le ministère :


    http://carlanoirci.wordpress.com/2010/02/20/liste-censuree-des-entreprises-listees-en-rouge-pour-un-risque-de-gros-stress/


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